| Lessivés
La mère a mis toute la famille
à sécher dehors, pince à linge contre pince à
linge, en séparant bien Olivier de Nadine, sinon ils se disputent,
se battent, tout le monde s'en mêle, pleure, et le linge, noyé
de larmes, n'est pas près d'être sec. Sa chemise de nuit
à elle pendue à bonne distance du pyjama du mari-des mômes,
il y en a plus qu'assez. Au-delà de la haie maigrichonne, la voisine
fait pareil, et celle d'après aussi, toutes les voisines les bras
levés, les pinces coincées entre les lèvres, une
danse sans grâce et sans spectateur. Bientôt, des familles
entières flotteront dans le vent noir chargé des fumées
des poêles à charbon; si le vent est assez fort, il arrachera
les cordes, les emportera tous et les déposera avec tact sur des
plages où plus personne n'aura besoin d'un seul vêtement.
Cauchemar
n°2
Je souffre, il faut que je parle au docteur,
il le faut. Il m'interroge, des questions piquantes comme des fléchettes.
Je ne sais plus. Oubliés, mes symptômes. Guérie jusqu'à
ce que je repasse la porte de son cabinet et que les phrases, moqueuses,
se bousculent trop tard sur mes lèvres. |
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| Une corde où
je funambule au dessus du rien. Mon fils lâche ma main. Son
pied glisse. Il tombe, tombe, déjà trop loin pour
que j'entende son cri.
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